Vital MATHIEU
Vital Georges Gustave MATHIEU
Mon beau-père à qui je vouais une grande admiration
ou essai de biographie avec mes yeux à moi !!!
Il est né le 28 mars 1922 à Cirey les Mareilles en Haute Marne. Fils de René Charles MATHIEU ET Louise GUERARD, deuxième enfant du couple.
Il grandit dans la ferme familiale. Vie ordinaire d'un garçon de cette époque-là. "Quand j'allais au bal le soir, le lendemain matin mon père me faisait lever encore plutôt que les autres jours".
La ferme MATHIEU est située en haut du village près de l'église. Il fréquente Elisabeth ROBERT dont la ferme est située en bas du village route de Bourdons.
Maison ROBERT en 1996
Elisabeth ROBERT est la fille de Jules Justin ROBERT et de Isabelle Anna BERNAND sa seconde épouse. Il est veuf de Cécile Alida Emma POTHIER et père de deux petites filles Rosa ROBERT et Suzanne. Elle est née le 25 septembre 1923 à Cirey les Mareilles.
Monument funéraire de René MATHIEU et Louise GUERARD
Cimetière de Cirey les Mareilles 52
Photo personnelle de l'auteur
La guerre de 1939-1945 arrive même à Cirey les Mareilles. Les jeunes gens y sont réquisitionnés pour le STO. Comme l'écrit Vital MATHIEU lui-même, on ne pouvait pas y couper sinon nos familles étaient prises en otages.
Vital MATHIEU est un homme entreprenant qui n'a pas froid aux yeux.
Voilà son récit dont j'ai respecté intégralement la graphie et la ponctuation:
" La loi du 16 février 1943, sous l'occupation allemande, stipulait que tous les hommes nés en 1922 étaient assujettis au service du travail obligatoire en Allemagne dit STO.C'est mon cas! La jeunesse française devait remplacer dans les usines, sur les chantiers, la culture, tous les hommes allemands valides qui étaient mobilisés.
Le maire de Cirey les Mareilles, Monsieur Arthur THOMAS, mon oncle, me remettait ma carte de travail obligatoire et mon avis de mutation.
Le 15 juin, j'étais convoqué à la Feldkommandantur de Chaumont (Haute-Marne) où il me fut remis mon certificat d'embauche par l'entreprise ZV à Munchen (Munich) ainsi qu'une somme de 1 000,00 Francs.
De Cirey nous étions trois 4 garçons nés en 1922:
Aurel RALLET qui se fit opérer d'une hernie début juin afin d'éviter de partir en Allemagne, ensuite les Allemands l'oublieront, un veinard!!!
Hubert BLANCHOT qui se cacha dans les bois de Cirey de nombreux mois. Il travaillait la nuit dans les champs. Elisabeth ROBERT et sa mère alors qu'elles habitaient CHAUMONT (52), l'avait aidé à franchir le poste de gendarmerie au bas de la ville.
Guy THOMAS, le frère de Germaine ma future belle-soeur et moi-même Vital MATHIEU.
Nous avions décidé, Guy et moi-même, de nous évader afin de ne pas aller en Allemagne. Mais nous devions prendre des précautions car les Allemands avaient prévenus que les hommes désignés pour le STO devaient s'y rendre sinon ils réquisitionnaient les frères. J'avais mon frère Georges et Guy son frère René. Il était donc nécessaire de faire très attention pour s'enfuir.
Nous avons passé tous les contrôles allemands à Chaumont, avons reçu des étiquettes pour mettre sur nos bagages, mais nous ne les avons pas apposées. En gare de Chaumont le train nous attendait, il était complet de jeunes gens de la classe 1922. Donc théoriquement nous étions bien partis pour l'Allemagne. Nous savions que le train devait faire une arrêt à Dijon et c'est là que nous avons décidé de fuir. Le train était-il à peine arrêté que nous sautions de notre wagon avec nos bagages et fuyions vers la sortie, il était temps, car je me souviens avoir croisé 2 feldgendarmes (collier de fer au cou) qui venaient interdire toute descente du train.
Nous laissions le train et tous les jeunes, nous étions libres, ou presque, car notre but était loin d'être atteint. il nous fallait gagner la zone libre au Sud de la France. Il était tard, aucune connaissance de DIJON, après avoir erré plusieurs heures nous avons passé la nuit dans un terrain vague, à la belle étoile.
Le lendemain, nous nous rendîmes chez des amis à CHENOVE, banlieue de DIJON (21) dont la mari était employé à la S.N.C.F. nous avons passé la journée à leur domicile et le soir vers 23heures nous partîmes vers la gare de marchandises où notre ami après l'avoir ouvert nous fit monter dans un wagon de sacs de ciment. Normalement ce train devait aller en zone libre. Après avoir remercié notre ami qui referma officiellement …la porte du wagon nous nous sommes installés pour passer la nuit et à la grâce de Dieu…Après quelques heures d'attente, le train se mit en marche et roula en direction de ? c'était le mois de juin mais dans ce sacré wagon il faisait un froid, nous étions glacés.
Le train roula toute la nuit et ne s'arrêta que dans la matinée du lendemain, c'est alors que nous avons quitté le train qui se trouvait au milieu des voies de chemin de fer, il fallait faire vite, où étions-nous ? il y avait des maisons aux alentours, des personnes nous ont appris que nous étions à AMBERIEU (Ain) joie nous étions en zone libre; par le train la ligne de démarcation a été franchie sans encombre !
Ce n'était pas tout, à la gare d'AMBERIEU nous avons pris un train pour LYON en direction d'ORANGE. Entre LYON et ORANGE, grande émotion les feldgendarmes allemands font un contrôle d'identité; après avoir repéré la façon de faire nous avons réussi à nous faufiler vers la partie contrôlée en nous frayant un passage dans la foule qui occupait le couloir, les gens étaient très serrés les uns contre les autres. Ce n'était pas commode, mais enfin nous avons échappé à ce contrôle !
Notre but était ORANGE, nous y sommes maintenant; direction ST-ANDRE-GIGONDAS, une propriété où travaillaient des cousins de Guy que je connaissais également , accueil chaleureux et installation dans une pièce avec un jeune homme de la région.
Dans ce domaine où nous restâmes de JUIN à NOVEMBRE 1943, nous avons travaillé, labouré les vignes avec les mulets, conduit le tracteur au gazogène. Pendant les vendanges c'est moi qui m'occupait du tracteur qui faisait tourner les broyeurs à raisins et toute la machinerie des caves. Pour la nourriture légumes, fruits et vin de la propriété mais très rarement de la viande, nous n'étions pas malheureux. Nous recevions des tickets de rationnement par Elisabeth ROBERT de CHAUMONT.
J'ajoute également que pour communiquer avec nos parents, il nous était impossible d'écrire directement à Cirey car tout le pays aurait deviné que nous étions clandestins dans le sud, alors qu'il fallait faire croire que nous étions bien en Allemagne et qu'il n'était guère possible de donner des nouvelles. Pour ce faire Elisabeth était notre boîte aux lettre et nous gardions dons librement le contact avec nos parents.
Elisabeth ROBERT
Photo personelle de l'auteur
C'est aussi grâce à elle que nous avons eu de fausses cartes d'identité puisque je suis devenu, pour un temps, Marc VIAL, né le 10 JANVIER 1925 à TROYES, Guy se prénommait Henry …, cela nous a facilité la vie et la possibilité de nous déplacer car la zone dite libre, était quand même occupée par les allemands.
Ici, je tiens à remercier Monsieur et Madame VILLA les régisseurs du domaine de St-ANDRE ce qui nous a permis de vivre là plutôt que de travailler en usine en Allemagne.à fabriquer des bombes ou munitions qui ensuite se retourneraient contre la France. Le propriétaire du domaine était un peu collaborateur mais il a fermé les yeux sur notre cas en laissant toute responsabilité à Monsieur VILLA en cas de problèmes. Mais à la libération ce Monsieur RES a eu des ennuis du fait de sa collaboration avec les allemands, il nous a demandé de lui fournir un certificat indiquant qu'il avait caché sur son domaine des réfractaires au S.T.O.ce que nous avons fait Guy et moi. J'attends toujours son merci.
Après avoir passé plus de cinq mois dans le midi, nous avons eu le mal du pays, alors nous avons décidé de revenir voir nos parents, c'était risqué, mais avec nos fausses cartes d'identité, de la prudence et de la chance, çà devait marcher.
A la mi-novembre nous avons à ORANGE pris le train pour CHAUMONT, arrivés en gare il faut être rapide, vite fait pour ne pas être reconnu par d'anciennes connaissances, nous sommes partis chez Elisabeth qui habitait boulevard Thiers à quelques centaines de mètres de la gare. Le soir Madame ROBERT et sa fille nous ont accompagnés jusqu'à RECLANCOURT où était un poste de garde allemand sur le canal qui servait de séparation de la zone rouge à la zone occupée. Sans trop de difficultés les allemands nous laissèrent passer et avec les vélos de nos convoyeuses nous avons gagné CIREY au milieu de la nuit, alors qu'elles repartaient à pied vivement pour être rentrées chez elles avant l'heure du couvre-feu.
Quelle joie de retrouver nos familles de nous retrouver pour quelque temps, après 5 mois d'absence !
Nous sommes restés à Cirey une douzaine de jours, c'était dangereux, nous ne sortions que la nuit, il a fallu prendre une autre direction. Ma sœur Renée dont le mari était gendarme, habitait le Cher près de VIERZON à la ligne de démarcation, c'est là que nous sommes allés, nous avons du travail comme ouvrier agricole chacun dans une ferme environnante, j'ai été bien, nous avons même fait partie d'une équipe locale de foot, nous allions souvent chez Renée, nous ne devions pas nous faire remarquer.
Vers le mois d'Avril nous avons voulu revenir à CIREY. Après quelques jours 8 à 140 , nous avons chacun pris nos vélos pour aller dans un pays de l'Aube, mais en cours de route, l'un de nous s'est souvenu de connaître des personnes dans ce secteur, nous sommes partis à ORMANCEY village près de LANGRES pour trouver du travail en culture, ce fut fait, les gens avaient trouvé que nous savions bien travailler pour des jeunes nés en ville et qui y avaient passé leur adolescence.
Elisabeth et Germaine la sœur de Guy venaient nous voir, nous nous retrouvions aussi avec Hubert BLANCHOT, cité en première page, celui qui n'a pas pris le train avec nous, il travaillait près de Nogent.
Pendant ce temps la ville de CHAUMONT était bombardée.
A ORMANCEY nous avons trouvé un jeune homme de DIJON qui s'était également enfui pour ne pas aller travailler en Allemagne, tout de suite nous avons sympathisé et nous nous retrouvions souvent. Avec les jeunes gens du pays nous avons eu de bonnes relations, mais la cordialité que nous entretenions avec eux n'était pas du tout la même que celle existant entre nous trois les réfractaires au STO.
Le travail nous convenait et nous étions bien avec les personnes qui nous employaient. Nous pouvions suivre à la radio, émissions de LONDRES, les échecs de l'armée allemandes sur le front de l'Est. ainsi qu'en Afrique du Nord en souhaitant le débarquement des Américains et des Forces alliées pour libérer la France.
Le 6 JUIN 1944, comme beaucoup de français nous apprenions que le débarquement en Normandie avait eu lieu, c'est la joie chez tous et l'espoir de la fin de la guerre avec la défaite du nazisme.
Un peu partout en France c'étaient créés et installés des Maquis de Résistants lesquels récupéraient les armes , les munitions qui 'étaient parachutés par les alliés, effectuaient des actes de sabotage, posaient des mines pour faire sauter des ponts, couper des voies de communications importantes, des voies de chemin de fer, faire sauter des trains de marchandises etc …
Il y avait un maquis tout près d'ORMANCEY, dans la forêt de VOISINES, une vingtaine de jeunes y aient installé leur base; nous les rencontrions de temps à autre et plusieurs habitants du village les ravitaillent en nourriture, légumes, lait,, œufs, fromages, viande, les bêtes abattues étaient dépecées dans la pièce voisine à celle me servant de chambre.
Le 30 JUIN vers 5h30 du matin je me levais, il y avait effervescence dans le village, des camions remplis d'allemands envahissent les rues ; tout de suite je pense aux maquisards qui étaient dans la forêt, j'en fait part à mon employeur en lui demandant si quelqu'un est parti les prévenir de l'arrivée des allemands ou si je dois y aller. Il me répond que Monsieur X y est allé et que je dois me cacher vu ma situation irrégulière. Henri venu ma rejoindre et devinant ce qui allait se passer nous décidâmes de quitter le village et de nous cacher dans les buissons aux environs; de là, nous pouvions observer les allemands et les russes, russes qui s'étaient ralliés à la cause allemande, qui manoeuvraient en encerclant les bois.
L'attente dura toute la matinée, mais vers 11h000 une fusillade éclata dans les bois les allemands venaient de trouver la base des maquisards, celui qui devait les prévenir en ait été dans l'impossibilité, et les jeunes surpris dans leur cap n'avaient pu fuir. Que pouvaient faire une vingtaine des jeunes surpris dans leur camp, contre quelque millier des soldats aguerris et très bien armés. La fusillade dura un moment et dans le millier de l'après-midi, un officier allemand donna l'ordre au Maire d'aller chercher les victimes. Plusieurs habitants du village qui accompagnaient le Maire dans sa douloureuse mission subirent la fusillade des soldats, un homme fut blessé aux genoux.
Des jeunes gens furent tués au combat, d'autres qui étaient faits prisonniers furent fusillés, deux autres furent emmenés en prison et ensuite dirigés sur le camp de concentration de BUCHENWALD, seuls deux jeunes échappèrent au massacre en se cachant dans les fourrés.
Enfin le soir les allemands repartirent, quel soulagement mais grande tristesse avec tous ces jeunes massacrés, de notre côté nous avions eu beaucoup de chance.
Tout cela ne se serait pas passé si certains collaborateurs n'avaient pas fait connaître par dénonciation l'existence du maquis de VOISINES, hélas il n'y avait pas que de bons français. ..
Malgré ces évènements la vie repris au village, nous avions nos occupations dans le travail des champs.
Le alliés avançaient et libéraient progressivement la France; l'Ouest puis PARIS. Début Septembre les Alliés approchaient la Haute Marne Henri et moi décidèrent de rentrer à Cirey notre pays natal. Cachés le jour, sortant la nuit nous attendions avec impatience la Libération de notre région.Puis Andelot fut occupé par environs 1 500 soldats allemands qui battaient en retraite, ils prirent des otages dont le Maire de Cirey Monsieur Paul DEPREZ et l'adjoint Monsieur Robert TRUFFOT. Mais le 12 SEPTEMBRE le 2ème DB libéraient ANDELOT et les otages. Il reste sur le site d'ANDELOT un char qui a été endommagé par les Allemands lors de leur retraite, c'est un char de la Division Maréchal LECLERC;
Quinze mois après avoir quitté CIREY, réquisitionnés par les Allemands pour aller travailler pour eux, c'était enfin la liberté de retrouver nos parents et amis au grand jour, le bonheur de circuler dans notre région libérée, après ce temps de clandestinité. Mais la guerre n'était pas finie, nos camarades moins chanceux étaient toujours en Allemagne et durent attendre encore de longs mois pour certains jusqu'au 8 MAI 1945.
Nous avons osé et risqué notre évasion, la chance était à nos côtés, cela nous a réussi."
Le 24 avril 1946 Vital MATHIEU épouse Elisabeth ROBERT à Cirey les Mareilles.
Vital et son frère Georges se marient la même année à Cirey les Mareilles. Georges épousant une "fille de la culture" et Vital une "fille de la ville", c'est Georges et son épouse qui restent à la ferme de Cirey les Mareilles et Vital et Elisabeth s'en vont tenter leur chance en ville à Saint-Dizier.
Pourquoi Saint-Dizier et pas Chaumont, plus près de Cirey? Je crois bien que c'est parce que Renée, la sœur aînée de Georges et Vital, est installée à Saint-Dizier où son mari est gendarme.
Ils créent un petit magasin "le fruit d'or" avenue de la République à Saint-Dizier où ils vendent pas mal de choses : des fruits et légumes provenant de Cirey les Mareilles et des environs, de la vaisselle en faîence etc …Les deux filles aînées Michèle et Marie-Christine y verront le jour. Pour garnir sont magasin, Vital s'en va acheter de la marchandise aux Halles de Paris. Il disait que parfois son camion avait du mal à monter la côte des wagonnets sur la route de Reims.
C'est une époque propice à tous points de vue. Après la guerre tout est à reconstruire, à créer, à inventer…Les frères Ortiz arpentent les rues avec leur carriole en attendant le moment de construire le groupe MIKO.
Monsieur et Madame BROISSON fondent la maison CHOCOGIL. Vital et Elisabeth tissent avec eux des liens commerciaux, amicaux…
Les affaires prospérant, Vital et Elisabeth déménagent rue Maréchal de Lattre de Tassigny. Locaux plus grands, maison d'habitation plus grande nécessaire avec la venue de Pascale et Jean-Louis. On continue d'agrandir le magasin en "délocalisant" les pièces de vie à l'étage. La maison MATHIEU est connue comme "La maison de la pomme de terre". A la Toussaint, on y vend des chrysanthèmes, à Noël des sapins, aux rameaux des cinéraires …Et puis, et puis … besoin de s'agrandir encore et encore. La maison de la rue de Lattre est devenue trop exigue.
Vital et Elisabeth revendent la rue de Lattre à la Doctrine Chrétienne. La maison d'habitation devient le réfectoire de l'établissement scolaire. Ils achètent le 112 Alsace Lorraine à Louis CHANZY. Une maison d'habitation spacieuse et confortable, des locaux énormes avec une mûrisserie de bananes, un grand hangar pour ranger les camions, des bureaux et une grande salle de réunion où l'on peut faire la fête avec un personnel de plus en plus nombreux, secrétaire, chauffeurs, livreurs…En déménageant le commerce devient MATHIEU Vital SA.
Entretemps, Vital a racheté une affaire de fuel. Et puis les affaires marchant, les propositions affluent : les pneus Kléber, la farine en gros, la margarine et la levure de boulangerie, l'huile pour les tracteurs, les aliments pour les animaux… avec toujours les pommes de terre qu'il achète dans l'Ain et qu'il revend en gros à des collectivités.Il y a 9 employés. Les camions tournent à plein. Levé tôt, couché tard, il est toujours sur le pont avec Elisabeth. Le besoin de simplifier au niveau de la comptabilité se fait sentir, l'achat d'une machine comptable BURROUGHS est nécessaire pour faciliter la facturation !!!
Pour diversifier ses revenus, Vital achète maisons, commerces, appartements vides ou meublés pour louer. C'est une activité qui lui prend beaucoup de temps. Et là, c'est le seul bémol dans sa vie, il achète des appartements en "piteux" état qu'il meuble pour y loger, avec "l'aide" des assistantes sociales de Saint-Dizier, des "pauvres gens". Il n'est pas le seul à blâmer, beaucoup de commerçants honorables de Saint-Dizier louant des appartements meublés sont présent sur le créneau. Il crée la SCI du Clos Mortier pour ses quatre enfants, SCI qui comprend un terrain non bâti, où il ambitionne de créer une zone commerciale (il avait fait les plans de ce centre commercial) , et un immeuble dans le centre ville de Saint-Dizier, la résidence Marini.
Dans les affaires c'est un homme "redoutable", un "requin", "dur en affaires"mais un homme de parole m'a t-on dit à maintes reprises. Avec lui, une fois sa parole donnée c'était comme si c'était écrit! On pouvait lui faire une confiance absolue!!!
Mais lui le distributeur, l'homme d'affairs talentueux, il lui prend l'envie de créer un produit et de tout maîtriser de A à Z. Ce sera le VIT-BALLE !!! Sur son bureau, il avait un bilboquet en bois. Il crée donc un cornet jaune, genre cornet de glace, une balle rouge avec une petite boucle en plastique par laquelle on relie la boule au cornet jaune. Il se déplace à Oyonnax pour y lancer la production de ses VIT-BALLE, pensant en faire "LE produit de l'été" !!! Mais le succès escompté n'est pas au rendez-vous et le VIT-BALLE est un beau flop au grand mécontentement d'Elisabeth!!! Après le décès de Vital, Elisabeth a détruit toute trace de ces VIT-BALLE avec l'aide de son fils et de sa belle-fille sans rien en dire à ses filles et gendres. Il n'en reste plus que quelques balles rouges au fond d'un carton chez son fils.
L'âge de la retraite venant, il vend son entreprise de la rue Alsace-Lorraine à sa fille Pascale et à son gendre Francis ARNOULD qui travaillent avec lui depuis un moment.
Il a acheté depuis plusieurs années une bâtisse du 18 ème siècle, une ancienne maison d'un maître de forges de Saint-Dizier, maison surnommée château CHANZY du nom de l'ancien propriétaire Louis CHANZY à qui il avait acheté, déjà, l'entreprise de la rue Alsace Lorraine.Et quand il fait quelque chose, il le fait comme toujours avec son énergie considérable.
Il entreprend beaucoup de travaux de rénovation dans la maison où il s'y est installé un bureau confortable.
Il remanie le parc, il y crée une piscine chauffée avec des panneaux solaires posés sur le toit de la maison.C'est là qu'il reçoit ses enfants et ses petits enfants au nombre de 14.Il reçoit ses frères et sœurs, beau-frères, belle-sœurs, cousins, cousines …C'est "LE pater familias, toujours là pour chacun, à l'écoute, disponible…C'est un seigneur qui sait vivre avec brio et beaucoup de classe, avec un sens aigü de la famille. Bref un homme extraordinaire accompagné d'une épouse extraordinaire.
Mais son âge le rattrape. Lui l'homme d'affaire brillant, les idées dans sa tête se bousculant sans cesse, il est atteint d'une tumeur au cerveau. La famille l'entoure, aide Elisabeth à assumer les nuits auprès de Vital. Il fait de fréquents aller-retour à Reims pour des séances de radio-thérapie. Quand il en rentre, il est dans un état terrible, il perd sa formidable énergie, il s'éloigne peu à peu de sa vie. Il marche de moins en moins bien. Les premiers jours de janvier 1994, il fait ses derniers pas autour de la salle à manger en compagnie de Félix son dernier petit-fils qui commence à marcher. Et puis le physique lâche prise… Il est hospitalisé et y décède le 30 janvier 1994 à 71 ans. Il sera enterré au cimetière de Gigny à Saint-Dizier non loin de son entreprise de l'avenue Alsace-Loraine.
Treize des quatorze petits enfants entourant Vital et Elisabeth
Documentation :
Photos personnelles de l'auteur
Logo MIKO emprunté sur le site internet MIKO
Logo Chocogil emprunté sur le site internet Chocogil
MK S